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SOCIETE

Mercredi 29 novembre 2006

500. 000 mendiants professionnels au Maroc

Accueil > Société Le Maroc compte près de 500.000 mendiants « professionnels » permanents ou occasionnels. Ce sont les résultats d’une étude réalisée par la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance, en collaboration avec l’Entraide nationale et le ministère de la Santé en 2005. Même si les résultas ont été contestés, les chiffres de l’enquête demeurent réalistes. Dans une société qui se dit solidaire, le nombre de ces laissés-pour-compte est plus que significatif. « C’est un chiffre énorme qui reflète un état des lieux encore plus noir que nous ne le pensions » affirme Touria Bouabid, présidente de l’Association marocaine d’Aide aux Enfants en Situation précaire (AMSIP). La pauvreté et l’indigence constituent les causes principales qui poussent cette catégorie de démunis à exercer la « profession » de mendiant, selon les termes de l’enquête. Pour approcher ce phénomène de mendicité professionnelle, les enquêteurs ont axé leurs recherches sur un échantillon d’enfants dans la wilaya de Rabat-Salé-Skhirat-Témara, pour l’année 2004.

Les enfants sont souvent utilisés pour pousser les âmes charitables à mettre la main à la poche. Dans cette « profession », les femmes recourent le plus souvent aux enfants de moins de 7 ans. Des enfants « exposés » sur un lit de fortune dans les rues commerçantes, des bébés passant le plus clair de leurs journées près des feu rouges, des handicapés exhibés au grand jour. C’est le spectacle désolant que nous admirons chaque jour dans les grandes villes. Dans le cas de ces enfants exploités par des femmes et parfois même par des hommes, seuls 25 % pratiquent la mendicité d’une manière saisonnière. Les 75 % restants exercent tout au long de l’année. 32 % de mendiants « exercent » aux portes des mosquées, 29 % dans les rues, et 16 % dans les souks et les super marchés. Les sommes récoltées varient entre 50 et 100 dirhams quotidiennement. L’enquête précise que la santé d’un tiers de ces enfants est inquiétante : maladies chroniques, diabète, hypertension, différentes allergies, asthme, tuberculose, anémie, rhumatisme et ulcère. Les conditions dans lesquelles ils sont exploités y sont pour quelque chose. Rester toute la journée dans la rue pour un enfant de moins de 7 ans exposé dans des conditions insupportables aux passants, aux piétons, aux automobilistes... Dans différents lieux n’est pas aussi facile.

 Les enfants de la mendicité risquent évidemment de prendre goût à cette « profession » et de reproduire le même scénario, d’autant plus que dans la majorité des cas, une relation existe entre les enfants et leurs accompagnateurs, selon l’enquête. Pour les autres cas, 15 % des sondés ont avoué qu’ils ont « loué » des enfants, à un montant variant entre 50 à 100 dirhams hebdomadairement. L’étude a également montré que 56 % de ces enfants sont des garçons et le reste des filles. Pour les enfants âgés de 8 à 12 ans, le pourcentage des garçons est de 75 %. La diminution du nombre des filles dans cette catégorie d’âge serait due à l’orientation des filles vers d’autres activités, en l’occurrence l’exercice du métier de bonnes au meilleur des cas, ou de prostituées au pire. L’enquête a révélé que 25 % de ces enfants n’ont jamais été scolarisés, tandis que 9 % ont suivi des cours coraniques. Pour ceux qui ont pu accéder à l’école, le pourcentage est de 25 % pour le niveau primaire et 3 % pour le secondaire. S’agissant de leur niveau de vie, 31 % de ces petits mendiants vivent en famille dans une seule chambre et 28 % dans une baraque. Les plus malheureux d’entre eux (19 %) n’ont pas de toit et vivent dans la rue.

Par nabeny
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Mercredi 29 novembre 2006

LE premier réacteur nucléaire de recherche marocain est fin prêt.

De type Triga Mark II, il subit actuellement des essais à froid. La partie nucléaire sera déclenchée courant décembre. Tous les préalables techniques et réglementaires ont été remplis. L’annonce officielle de son lancement est attendue dans les jours qui viennent. Celle-ci est tributaire d’une décision politique, ce qui explique également le retard pris dans la mise en place de ce réacteur. Installé à 25 km de Rabat, ce dernier relève du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). De technologie américaine, ce réacteur a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics pour la somme de 5 millions de dollars (45 millions de DH). A ce montant s’ajoutent les frais d’installation et d’équipement du centre qui l’abrite, fruit d’un financement français sous forme de crédit concessionnel (un tiers accordé sous forme de dons). Ce centre s’étend sur 4.000 m2 et comprend, outre le réacteur, des laboratoires d’application. Le réacteur verra l’implication de quelque 220 personnes (docteurs, ingénieurs, techniciens, agents…). Tous ont bénéficié de formations de pointe et dans les quatre coins du globe (USA, France, Chine…) Ce réacteur de deux mégawatts est dédié à la recherche et l’expérimentation. Le pays est encore loin des réacteurs de puissance ou de l’électronucléaire. Son utilité est cependant capitale pour des secteurs comme la médecine, l’eau, l’agriculture et la recherche scientifique. Triga Mark II servira ainsi à la production des radio-isotopes pour la médecine. Cette technologie entre notamment dans le cadre du traitement du cancer. En matière d’eau, le recours au nucléaire est de mise dans la prospection et l’évaluation des ressources hydrauliques (âge d’eau, rechargeabilité de certaines nappes). Ce procédé permet aussi de lutter contre la pollution marine et fluviale. Pour l’agriculture, cette technologie intervient dans l’optimisation des fertilisateurs en permettant une meilleure sélection des engrais, et à moindre coût. Il aura également un apport quant au contrôle de la qualité de certaines industries (raffineries, sucreries…).

 L’intérêt principal de ce réacteur réside dans la constitution d’un patrimoine scientifique important, tant en équipements ultra high-tech qu’en savoir-faire technologique. La recherche scientifique en bénéficiera largement. Le réacteur de recherche est ainsi un prélude, une porte d’entrée du Maroc dans ce domaine. En matière de sécurité, les responsables du projet rassurent. Les réacteurs Triga sont renommés pour leur sûreté, car le combustible nucléaire règle automatiquement la puissance, et peut arrêter le réacteur, si nécessaire. Et toutes les options de sécurité et de sûreté du site ont été prises. Les autorisations ont été obtenues. Les audits d’experts internationaux et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont été concluants. Marque de confiance de l’AIEA: c’est au Maroc que les formations sur la radioprotection adressées aux pays africains francophones sont organisées. Le pays est ainsi érigé en centre régional en la matière.

Par nabeny
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Mercredi 29 novembre 2006

Khalid Ben Laden, frère du célèbre Ossama Ben Laden, sera à Casablanca à partir du 6 décembre 2006.

 Invité par l’Office national marocain du tourisme (ONMT) au Moussem de Tan Tan, cet investisseur, présenté souvent comme ami de la famille Bush, serait-il intéressé par les potentialités d’investissements de la Plage Blanche, seule station Azur à n’avoir pas encore trouvé de repreneur ? L’ONMT qui a déplacé son siège américain de New York à Disney entretient la plus grande discrétion sur les tenants et les aboutissants de cette visite. Source: Aujourdhui.ma

Par nabeny
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Mercredi 29 novembre 2006
Sean Bell, 23 ans, est tombé sous les balles de la police samedi à la sortie d'une discothèque du Queens, dans des circonstances non élucidées Cinquante coups de feu auraient été tirés selon la presse

C'était le jour de son mariage. Sean Bell, un jeune homme de 23 ans, a été tué à l'aube samedi à la sortie d'une discothèque placée sous surveillance par la police. Le maire de New York devait rencontrer lundi matin le commissaire de la ville, les élus et représentants du district du Queens, pour tenter d'apaiser la colère qui monte depuis la mort du jeune Noir sous des tirs de la police. De nombreux coups de feu ont été tirés, selon la police, cinquante, selon la presse, par cinq policiers en civil, qui ont également blessé deux amis du futur marié. Les raisons de la fusillade restaient encore indéterminées ce lundi. Selon la presse locale, un des policiers aurait d'abord tiré, incitant ses collègues à faire de même. Le policier aurait cru que les jeunes hommes étaient armés. Mais les premières constatations ont montré qu'aucune des trois victimes ne portait d'arme. Sean Bell venait d'enterrer sa vie de garçon au club Kalua, quand le drame s'est produit. Il devait épouser dans la journée de samedi sa fiancée, mère de leurs deux petites filles. Un de ses amis blessés se trouvait lundi dans un état critique. L'affaire a suscité l'émoi et la colère à New York, en particulier dans le Queens. Une marche a réuni dimanche plusieurs centaines de personnes. Des voix demandaient la démission du patron de la police new-yorkaise. Ce dernier devrait rencontrer des leaders de la communauté noire à propos de cette affaire. «Nous ne pouvons pas tolérer que ce genre de choses continuent» a ajouté le révérend Al Sharpton dimanche. Ce dernier a critiqué la police pour avoir menotté les deux blessés alors qu'ils devaient recevoir des soins d'urgence à l'hôpital.
Par nabeny
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Samedi 2 décembre 2006
tres bien caché, c les camera du futur qui film a travers le metal.
Par nabeny
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Vendredi 15 décembre 2006

Un hôtel de Hong Kong rachète 14 Rolls-Royce "Phantom"

 

L'hôtel de luxe Peninsula à Hong Kong a racheté 14 Rolls-Royce "Phantom", preuve du dynamisme du pays, qui vient de supplanter le Japon au rang de premier marché de la marque en Asie, a indiqué jeudi à Hong Kong le prédident-directeur général Ian Robertson.
Soixante-dix Phantom, fer de lance de la marque, ont été vendues en Chine l'an dernier, soit un bond de 60%.
"Ce genre de croissance est unique. Généralement, 5% dans un sens ou dans l'autre représente la différence entre une bonne année et une année moyenne", a déclaré M. Robertson, à Hong Kong venu participer au dévoilement du nouveau parc de 14 Phantom rachetées par l'hôtel de luxe Peninsula.
La Chine, devenue premier marché asiatique de la marque, est le troisième au monde, derrière la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, grands premiers avec l'omniprésence du marché hollywoodien.
Le dynamisme de la Chine est tel que le constructeur fera passer l'an prochain de quatre à sept le nombre de ces concessionnaires dans le pays.
Rolls Royce, détenu par l'allemand BMW, espère vendre 600 voitures cette année, du jamais-vu depuis 16 ans.
Par nabeny
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Vendredi 15 décembre 2006

Les insectes inspirent l'armée qui crée un micro-drone en forme de libellule

Photo non datée d'un micro-drone de 6 centimètres d'envergure, "la libellule", lauréat du prix "Science et Défense", qui ne vole pas encore mais équipera dans quelques années le soldat du futur pour faire progresser le combat en zone urbaine

 

Un micro-drone de 6 centimètres d'envergure, "la libellule", lauréat du prix "Science et Défense", devrait équiper dans quelques années le soldat du futur pour faire progresser le combat en zone urbaine.
La libellule pèse 120 grammes et possède quatre ailes flanquées chacune de 180.000 muscles artificiels dont le diamètre est celui d'un cheveu (150 micromètres).
Ce micro-drone ne vole pas encore mais a reçu jeudi le prix qui distingue au titre de 2005 les contributions scientifiques les plus éminentes, intéressant la défense.
L'idée est née dans la tête du chercheur Pierre-François Louvigné en 2003, mais c'est la société Silmach qui l'a concrétisée en imitant un insecte, a expliqué à l'AFP le chercheur.
C'est la première fois qu'un engin est fabriqué sans motorisation, à partir du vol de l'insecte. Tel Icare, l'inventeur se trouve cependant confronté au problème du vol: les ailes battent, mais l'engin ne vole pas.
Les chercheurs expliquent que la Libellule ne pourra jamais voler par propulsion comme un avion et que "la solution doit se trouver par l'observation du vol des insectes", explique M. Louvigné.
"Le but est de développer des nano-systèmes inspirés par les insectes", poursuit-il.
Un drone est un appareil sans équipage, autonome, pouvant être programmé ou télécommandé, et récupérable. Sa taille peut varier de moins de 50 cm (15 cm pour les micro-drones, quelques centimètres pour les nano-drones), explique la DGA (Délégation générale pour l'armement). Mais ils peuvent être beaucoup plus gros (drones hélicoptères, de longue endurance, jusqu'à 15.000 Kg).
La DGA ne s'y est pas trompée et a passé un contrat de recherche exploratoire innovante avec Silmach.
Elle espère que le fantassin du futur, surnommé "le Félin", pourra être équipé dans les années 2020 d'une poignée de "Libellules" dans les poches. Il pourra les disséminer ça et là et, tels des yeux déportés, les micro-drones pourront voler furtivement pendant quelques minutes, filmer puis rapporter de précieux renseignements.
Par nabeny
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Vendredi 15 décembre 2006

Un Maroc à deux vitesses

14.12.2006 | 17h55

Au volant de son taxi, en plein milieu du boulevard d’Anfa, Moustapha est dépité. Dans un grand soupir, il montre du doigt le tableau autour de lui : luxueuses vitrines de magasins, immeubles haut-standing flambant neufs, belles voitures au volant desquelles trônent des cadres dynamiques en tailleurs ou costumes trois pièces.

«Est-ce que vous croyez que c’est vraiment ça le Maroc ? s’énerve ce Casablancais d’une quarantaine d’années. Les gens qui passent ici ont l’impression que tout va de mieux en mieux, que le pays est en mouvement, que l’économie est bonne. Mais c’est un miroir truqué. Le vrai Maroc, il faut aller le chercher un peu plus loin, à la périphérie. C’est là que la majorité des gens habitent et la vie y est bien moins facile». Pour Moustapha, installé dans une petite maison familiale à Oulfa, l’équation est tous les jours plus difficile à résoudre : comment faire vivre sa famille avec un salaire qui baisse et des dépenses qui n’en finissent pas de gonfler. «Je gagne entre 2000 et 3000 dirhams par mois, ma femme ne travaille pas et je viens d’avoir une petite fille. Avec la multiplication du nombre de taxis à Casablanca, il est plus difficile de trouver des clients qu’avant et ça paye moins bien. Les factures, elles, par contre, ne cessent d’augmenter et c’est de plus en plus difficile de finir les mois. Alors, avec ma femme, on se serre la ceinture et on ne mange de la viande qu’une fois par semaine ou par quinzaine. Mais c’est de plus en plus dur». Comme Moustapha, des milliers de Marocains se font en ce moment entendre pour dénoncer des conditions de vie qu’ils jugent de plus en plus difficiles. A travers quelque 70 coordinations montées un peu partout dans le pays par le collectif mis sur pied par l’AMDH et les associations d’extrême gauche, ils manifestent contre la hausse des prix qui les met chaque jour dans des conditions de plus grande précarité.

D’un côté les rêves, de l’autre la réalité
Une précarité que l’on ne retrouve pas au niveau des chiffres et statistiques présentés par le gouvernement. Un taux de croissance de 7,3%, le taux de pauvreté en baisse (19% en 1998/99 et 14% en 2004), des investissements en hausse (plus de 25 milliards de Dhs en 2006), des projets d’infrastructures grandioses (Tanger-Med, autoroutes, Bouregreg), des projets sociaux (INDH) lancés en grande pompe et surtout une évolution des mentalités présentées comme la nouvelle norme dans les beaux quartiers : l’image officielle du Maroc est celle d’un pays “en mouvement”. Mais qu’en est-il réellement ?

Dans les faits, si le Maroc se développe, ce développement ne profite pas à tout le monde. Entrepreneurs, cadres, financiers, ce sont ceux qui ont déjà le pouvoir et l’argent qui bénéficient de ce “Maroc en mouvement” que l’on veut bien nous vendre un peu partout. «Ceux qui ont l’argent contrôlent l’activité du marché et font en sorte de continuer à payer les gens le moins possible pour faire le maximum de profit. C’est l’intérêt particulier qui prévaut, pas l’intérêt général», analyse Ahmed Ben Cheikh. Pour cet universitaire spécialiste du développement, plusieurs facteurs tendent à favoriser les plus riches aux dépens des plus pauvres. En premier lieu l’explosion de l’immobilier, avec des prix au mètre carré qui frôlent les 16000 Dhs à Rabat, Casablanca, Marrakech ou encore Tanger. «Ce sont les plus riches qui possèdent les biens immobiliers. L’euphorie foncière que l’on connaît en ce moment ne profite qu’à eux. Elle pose par contre un gros problème au reste des Marocains. Ceux de la classe moyenne qui voudraient accéder à la propriété sont obligés de s’endetter presque à vie pour faire face à des prix rédhibitoires. Quant aux plus pauvres qui se contentent de louer, ils voient leurs loyers monter en flèche et peser lourdement sur leur budget global», poursuit-il.

Et c’est la classe moyenne qui paie les pots cassés. L’étalon de la classe moyenne, c’est le petit fonctionnaire, l’instituteur ou l’infirmier avec un salaire autour de 3000 Dhs. Dans les années 60, l’instituteur était en mesure de construire sa maison, d’avoir sa voiture, de nourrir ses enfants. Celui d’aujourd’hui a des difficultés pour faire face à toutes ces dépenses. Il n’a presque plus accès à la propriété si ce n’est en acceptant de s’endetter pour toute sa vie (voir portrait). Cette classe moyenne s’est paupérisée et l’explosion de l’immobilier le handicape terriblement. Même des universitaires sont dans des positions difficiles. «Cette situation est inquiétante car c’est le développement des classes moyennes qui permet en général de tirer un pays vers le haut», explique Ahmed Ben Cheikh. «Aujourd’hui, le Maroc est au ralenti, entre autres parce qu’il n’y a pas dans le royaume de vraie classe moyenne qui joue son rôle dans la vie économique et politique. La paupérisation de la classe moyenne fait qu’après avoir été très USFP, elle se tourne vers le PJD», analyse Ahmed Bencheikh.

Les riches toujours plus riches
La fiscalité aussi pose problème. Elle ne permet pas de compenser suffisamment les inégalités. La TVA forte et payée par tous grève ainsi les budgets des plus pauvres quand les classes sociales les plus élevées peuvent encore jouer le jeu de la corruption pour négocier avec leurs inspecteurs des impôts une ardoise fiscale très allégée. «La politique fiscale a désormais une finalité essentiellement comptable. Elle vise par une augmentation de la TVA sur l’ensemble des produits de consommation populaire à rattraper les baisses de ressources douanières liées aux différents accords de libre-échange passés récemment par le Maroc et à maintenir le déficit budgétaire à l’hypothétique seuil de 3 %», regrette Mehdi Lahlou, économiste, pour qui «la politique de retrait économique et d’austérité sociale» de l’Etat se traduit par «plus de richesse pour les plus riches», alors que «la plus grande partie des habitants du pays paraît s’enfoncer dans la pauvreté et la précarité, dans les villes mais surtout en milieu rural».

Le coût de la vie augmente de son côté de plus en plus sans pour autant que les salaires suivent la tendance. Le constat du Haut commissariat au plan est alarmant. Selon une récente étude du département de Lahlimi, la hausse des prix des produits alimentaires et le renchérissement des frais de transport en seraient les principales causes. Selon les statistiques du HCP, l’indice moyen du coût de la vie des sept premiers mois de l’année en cours a progressé de 2,9%. Si actuellement, le cadre macro-économique se tient plus ou moins bien, c'est plus grâce à une bonne pluviométrie et à des recettes de privatisations dont la manne se tarit de plus en plus. «L’histoire économique du Maroc des trente ou quarante dernières années est une succession de variations des taux de croissance qui peuvent, essentiellement en raison d’une très bonne campagne agricole, atteindre des sommets, puis juste l’année suivante, parce que la pluie a cédé la place à une sécheresse persistante, s’effondrer à des niveaux dramatiques», souligne N. Akesbi. En 1996, une campagne agricole record avait propulsé le taux de croissance du PIB à plus de 12%, mais dès 1997, le PIB est tombé à -3% à cause des mauvaises conditions climatiques.La suite, on la connaît : «loin de lancer le “décollage économique” du Maroc, les 12% de 1996 ont été suivis par une décennie de quasi-stagnation économique avec des taux de croissance moyens très insuffisants», rappelle Najib Akesbi.

«Le “surplace économique’’ est à rapporter – malgré le chiffre de croissance du PIB supérieur à 7 % qui devrait être retenu pour 2006 – notamment à la relation qui continue d’exister entre évolution du PIB global et niveau des précipitations, et aussi au fait que le Maroc continue de perdre des places au niveau du commerce mondial, avec un déficit commercial multiplié par 5 en l’espace de 10 ans et un taux de couverture des importations par les exportations situé désormais à plus ou moins 50 %, soit son plus faible niveau historique», explique pour sa part Mehdi Lahlou.

Pour résorber le déficit social, le Maroc doit maintenir une croissance économique supérieure à 6%. Or ce n'est pas le cas, et ce ne sera pas le cas à court terme. «Le coût de la vie est de plus en plus haut. Le Haut commissariat au plan parle d'une augmentation de près de 4% mais les gens ont l'impression que c'est beaucoup plus important. Sur le terrain, la situation sociale est difficile. Les gens ont de plus en plus de mal à s'en sortir. Il y a une stagnation, voire même une régression sociale pour les plus pauvres», alerte Abdelhamid Amine, le secrétaire général de l’AMDH, qui milite en tête du jeune collectif contre la hausse du coût de la vie. La panne économique et sociale est visible à l'œil nu, les gouvernants n'arrivent pas à repenser l'économie pour inscrire le pays sur la voie du développement pérenne. Entre-temps, une frange de la population restera dans l'antichambre de la dignité. Une façon de faire est de pallier l'urgent, d'agir par une politique de mise à niveau sociale ciblée, faite par et pour ceux qui souffrent le plus. D’autant que jusqu’à présent, les filets sociaux ont été plus sécuritaires qu’autre chose. Engager des réformes en profondeur, c'est remettre en question cet équilibre. «Les différents programmes sociaux mis en place par l’Etat (INDH) n’apportent pas de solutions durables. Ce sont surtout des mesures prises à court terme afin de nourrir les gens qui ont faim pour empêcher l’explosion sociale», déplore Ben Cheikh. Pour lui, le Maroc ne pourra en finir avec son extrême pauvreté et ses inégalités qu’en mettant en place une véritable politique sur le long terme.

«Mis à part les programmes mis en place en collaboration avec le PNUD et pour lesquels une évaluation est requise, l’Etat ne s’est pas doté d’outils suffisants pour expertiser l’impact des mesures sociales qu’il prend. Résultat : il est très difficile de savoir si les programmes lancés sont adaptés aux besoins des gens et de rectifier le tir si ce n’est pas le cas», regrette-t-il.

En l’absence d’une vision sur vingt ou trente ans, l’Etat se contente pour l’instant de jouer la carte de la poudre aux yeux. Chaque ministère communique ainsi à grand renfort de conférences de presse et de visites de sites au moment du lancement des projets. Mais fait bizarrement l’impasse sur une autre communication, pourtant beaucoup plus significative : celle des résultats.
Par nabeny
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Vendredi 15 décembre 2006

Un demi-million de Marocains vivent dans des logements menacés de s'effondrer, notamment dans les médinas des grandes villes, a révélé cette semaine au Parlement le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme Ahmed Toufiq Hjira.

Il a indiqué que cela concerne "les immeubles et constructions situés dans le tissu ancien des anciennes médinas et les quartiers non réglementaires ne répondant pas aux lois et règlements en vigueur, situés essentiellement dans les périphéries et les banlieues des grandes villes". Chaque hiver, des immeubles s'effondrent dans les médinas ou dans des zones non urbanisables, comme récemment à Tanger (nord). Le directeur de l'habitat social et des affaires foncières du ministère, M. Mohamed Najib Halimi, a précisé à l'AFP que 90.000 ménages vivaient dans ces conditions précaires, ce qui représente 1,5% de la population. Les secteurs les plus touchés sont la médina de Fès (200 km à l'est de Rabat), mais aussi Tanger et Tétouan (nord), Casablanca et Safi (ouest).

Environ 20% des maisons sont sur le point de s'effondrer, 50% ont besoin de consolidation rapide et de réparations pour mettre un terme aux infiltrations d'eau, a ajouté M. Halimi. Et le reste est menacé à moyen terme si rien n'est entrepris, a-t-il dit. "La densification de l'habitat, le manque d'entretien et le vieillissement sont les principales causes de la détérioration", a-t-il avancé en notant par exemple que dans la médina de Fès, il arrive de "trouver plus de 30 ménages dans une seule habitation". Un groupe de travail interministériel a été constitué et une enveloppe de 860 millions de dirhams (77 millions d'euros) sur cinq ans devrait être dégagée pour reloger les habitants ou consolider les habitations, a indiqué M. Halimi. Les collectivités locales et les locataires de ces unités de logement doivent mettre aussi la main au portefeuille pour réussir l'opération, a-t-il dit. Par ailleurs, le Maroc poursuit la mise en oeuvre d'un autre plan national qui vise l'éradication d'ici 2008 des bidonvilles où logent 240.000 ménages.
Par nabeny
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Vendredi 15 décembre 2006

Maroc/Koweït : Un milliard de dollars d’investissements en 40 ans

Maroc/Koweït : Un milliard de dollars d'investissements en 40 ans

Le montant des investissements koweïtiens au Maroc depuis les années soixante a atteint plus d’un milliard de dollars consacrés à la réalisation d’une trentaine de projets.

Le Koweït fut l’un des premiers Etats arabes à avoir investi au Maroc dans divers secteurs d’activité, à travers l’instance Koweïtienne d’investissement et le Consortium maroco-koweïtien de développement (CMKD). Les accords de coopération signés mercredi à Marrakech témoignent de la volonté des deux pays de donner une nouvelle impulsion aux relations économiques bilatérales déjà "excellentes".

Par nabeny
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